Publié le samedi 4 janvier 2003
Samedi 4 janvier 2003

| Bébé clone "Eve": Raël ne se présentera pas devant la justice américaine
MONTREAL, 3 jan (AFP) - Le gourou de la secte des raéliens, Claude Vorilhon, alias "Raël", a affirmé vendredi qu'il ne se rendrait pas en Floride pour une audience préliminaire d'un tribunal qui doit statuer sur une demande pour que le présumé premier bébé clone au monde soit retiré à ses parents.
Raël, les parents d'"Eve", ainsi que Brigitte Boisselier, présidente de la société Clonaid, fondée par les raéliens, et qui a annoncé, sans preuves, la naissance de ce supposé premier bébé clone, ont été convoqué à cette audience fixée au 22 janvier.
Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision publique Radio-Canada, Raël a déclaré qu'il n'avait "absolument pas" l'intention de se présenter à cette audience, qui fait suite à une plainte d'un avocat de la Floride, Bernard Siegel.
Me Siegel veut que la justice de cet Etat retire la garde du supposé bébé clone à ses parents, au motif que l'enfant pourrait souffrir de troubles génétiques graves.
Dans sa plainte déposée mardi, l'avocat a affirmé que le bébé est "un "cobaye humain", objet d'une "dangereuse expérience médicale". Il réclame à la justice qu'elle ordonne une expertise médicale pour déterminer son état de santé.
"Ils n'ont aucun pouvoir juridique sur cet enfant, mais on veut l'enlever en prétextant (...) qu'il est exploité médiatiquement. Or, justement, le Dr Boisselier, très sagement, ne l'a jamais montré à la télé. On ne peut pas dire qu'il est exploité, puisque justement on lui reproche de ne pas le montrer", a estimé Raël dans cet entretien depuis Sherbrooke, ville du sud du Québec.
"Si Brigitte Boisselier avait été catholique, je ne pense pas qu'on aurait convoqué le pape. Moi, je suis son chef spirituel, et je n'ai rien à faire dans la société (Clonaid, ndlr) et je n'ai aucun compte à rendre à la justice de Floride", a-t-il dit en expliquant sa décision.
|
par ericjeanloicbreton le 2003-01-04 12:26:07
Permalien | |
Samedi 4 janvier 2003

Une femme séropositive condamnée à un an de prison pour rapports non protégés
STOCKHOLM, 4 jan (AFP) - Une femme séropositive a été condamnée à un an de prison et 120.000 couronnes suédoises (13.200 euros) de dommages et intérêts pour avoir eu des rapports sexuels non protégés avec trois hommes, sans les informer de son état, a rapporté dimanche l'agence TT.
Aucun des trois partenaires de l'accusée, jugée pour "mise en danger de la vie d'autrui", n'a été contaminé par le VIH.
S'il a déclaré coupable la femme séropositive, le tribunal d'instance de Sunne (sud-ouest) lui a toutefois trouvé des circonstances atténuantes, compte tenu de son faible taux d'infection au moment des faits.
La Cour n'a pas exclu qu'elle se soit persuadée que son taux d'infection était si faible qu'elle ne courait pas le risque de transmettre le virus du sida. Il n'est pas sûr qu'elle aurait eu des rapports non protégés si elle avait cru que ses partenaires pouvaient être infectés, selon le tribunal de Sunne.
par ericjeanloicbreton le 2003-01-04 12:22:54
Permalien | |
Samedi 4 janvier 2003
DROGUE
Les fumeurs de joints exemptés de prison ? Le nouveau président souhaite adoucir la législation en excluant la prison pour les consommateurs de cannabis.
| |

| "La loi de 1970", incriminant l'usage de stupéfiants, "s'est progressivement vidée de son sens et n'est plus applicable" affirme le nouveau président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) dans une interview publiée par Le Monde daté de vendredi. "L'expérimentation du cannabis est un phénomène de masse", constate le remplaçant de Nicole Maestracci qui s'était pourtant vue reprocher par la droite son manque de fermeté sur la question des drogues douces. Didier Jayle affirme cependant vouloir "aller plus loin" que le "bon" bilan de son prédécesseur. "La chute des barrières entre les drogues licites et illicites est un fait positif". "La France compte environ 2 millions de fumeurs réguliers de cannabis, parmi lesquels 5% à 10% ont un usage problématique. C'est considérable", affirme le nouveau patron de la MILDT qui estime à l'inverse que, s'il faut assouplir la législation, "le discours sur les méfaits du cannabis n'a pas été assez énergique".
Plus de prison pour les usagers
"La priorité est d'abord de retarder l'âge des premières consommation et de soutenir les parents", estime-t-il. "Il faut modifier la loi, lui redonner du sens pour qu'elle soit mieux comprise, appliquée. Cela implique des schémas nouveaux, excluant la prison pour les simples usagers, avec par exemple un système d'amendes, plus simple, plus efficace". Concernant l'alcool, Didier Jayle indique que "les actes asociaux (violence, insécurité routière...), les polyconsommations justifient de maintenir l'alcool dans le champ d'action de la MILDT". Et il souhaite "le renforcement des unités d'alcoologie".
par ericjeanloicbreton le 2003-01-04 12:17:28
Permalien | |
Samedi 4 janvier 2003

 |
 |
Chet, si longue fut la chute Le destin tragique du trompettiste américain Chet Baker, relaté dans une biographie sans concession.
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Par Edouard LAUNET
samedi 04 janvier 2003

 «Je voulais savoir comment tant de beauté a pu surgir de tant de sordide.» James Gavin, biographe de Chet Baker |
|
Deep in a Dream, the Long Night of Chet Baker de James Gavin. Editions Knopf (New York). Pas de traduction française prévue. 430 pp. 28 euros.
e vendredi 13 mai 1988, vers 3 heu res du matin, Chet Baker tombait, ou peut-être se jetait, du deuxième étage de l'hôtel Prins Hendrik à Amsterdam. Depuis des mois, le trompettiste et chanteur au charme singulier n'était plus qu'un cadavre ambulant. Sa dose quotidienne d'héroïne avait grimpé à six grammes, sans compter la cocaïne qu'il y mélangeait en speedballs. Chet venait de parcourir l'Europe en tous sens pendant plus de dix ans, y donnant d'innombrables concerts parfois miraculeux, souvent désastreux. Il n'avait pas de domicile fixe, pas de compte en banque. L'argent de la musique passait directement dans la seringue, qu'il se plantait dans la gorge faute de veines praticables sur le reste du corps. Les dernières images que l'on a gardées de Chet Baker sont celles du documentaire de Bruce Weber, Let's Get Lost, tourné peu avant sa mort. Triste film, qualifié de «merde» et de «trahison» par ses derniers proches, dans lequel Chet est figé en gravure de mode heroin chic. Weber a semblé plus soucieux de filmer son propre fantasme de Baker en ange déchu que de fouiller l'âme du bonhomme.
Blessure. Mais qui était vraiment ce petit blanc «qui avait débuté comme James Dean et fini comme Charles Manson» (dixit l'animateur américain Steve Allen), et d'où lui venait ce chant en forme de blessure contagieuse ? La confession de Baker, Comme si j'avais des ailes (éd. 10/18, 2001), ne nous renseigne guère : ce texte court et laconique écrit dans les années 70 occulte les faits les plus douloureux. Plus instructifs sont l'ouvrage du Néerlandais Jeroen de Valk, Chet Baker : his Life and Music (paru en 2000 aux éditions Berkeley Hills) et surtout celui de l'américain James Gavin, Deep in a Dream, publié cette année aux Etats-Unis chez Knopf. Ce dernier, fruit de six ans de travail, est la première grande biographie de Chet jamais écrite. Elle livre un portrait sec, sans complaisance et, pour tout dire, cruel.
Chesney Henry Baker Jr, né en 1929 dans l'Oklahoma, n'a jamais été celui qu'il semblait être. Après une jeunesse médiocre, il accède instantanément à la célébrité au début des années cinquante aux côtés de Charlie Parker et de Gerry Mulligan. C'est un musicien brillant, quasi autodidacte, qui se laisse guider par son oreille. Sa belle gueule en fait la figure de proue du cool jazz de la côte Ouest, les filles lui courent après. En 1953, les lecteurs de Down Beat le consacrent meilleur trompettiste de l'année, devant Armstrong, Davis et Gillespie. Chet reste au zénith pendant deux ans. Puis c'est la chute, vertigineuse.
On trouve sa musique trop classique et le garçon trop inconstant. Les musiciens noirs jugent scandaleux que Baker soit plus célébré que Clifford Brown ou Miles Davis, Horace Silver se moque de ce «jazz de pédés». Chet lui-même prend conscience de ses limites lorsqu'en février 1954, au Birdland de New York, la crème du jazz East Coast (noire, violente, défoncée) rencontre la crème du West Coast (blanche, éthérée et tout aussi défoncée). Dès ce moment, semble-t-il, Chet se met à tâter de l'héroïne, comme la plupart de ses confrères.
«Sale type». Dans l'intimité, Baker est un type peu causant, peu fiable et plutôt antipathique, à en juger d'après les témoignages assassins recueillis par James Gavin. Il vit quasiment en clochard, fait de la taule. Bientôt, son seul horizon sera son prochain «fix», son seul lieu d'expression sera la scène, là où l'on voudra encore de lui. Son salut viendra de l'Europe, notamment de l'Italie où il entame une nouvelle carrière à la fin des années cinquante. «Là-bas, on adule les artistes tragiques qui font dans l'autodestruction», raillera son ancien compère Gerry Mulligan, un brin jaloux. Mais là-bas, ça ne s'arrange pas non plus : Palfium (analgésique morphinique, ndlr), héroïne, prison, dèche, trahisons.
La chute continue, minutieusement détaillée par Gavin. Au point qu'on se demande où le biographe a puisé sa motivation pour consacrer tant de pages à un homme qu'il considère de toute évidence comme un pauvre type. «Je voulais savoir comment tant de beauté a pu surgir de tant de sordide», a confié Gavin. Le fait est qu'il n'a pas trouvé. Peut-être eût-il fallu analyser l'incidence de l'héroïne sur la production de Chet, bien que cela soit là un terrain périlleux. Le pianiste Hal Galper a qualifié le style de Baker de «behind-the-beat be-bop groove, the junkie beat». Comme Billie Holiday, autre junkie notoire, Baker fait en effet tomber ses notes juste derrière les temps, en gardant cependant un impeccable sens du tempo. Comme s'il devenait maître des pendules, comme si ses mélodies s'étaient affranchies des bêtes contraintes de la structure rythmique. Mais soulignons que, vraiment défoncé, le «James Dean du jazz» était pratiquement incapable de jouer. Sur ce chapitre, Charlie Parker, accro dès l'âge de quinze ans, a dit naguère l'essentiel : «Tout musicien qui dit qu'il joue mieux avec de l'herbe, une seringue ou quand il est bourré, est un putain de gros menteur.»
Baker touche le fond du fond à la fin des années soixante, de retour aux Etats-Unis. Menus larcins, éphémère boulot de pompiste, disques lamentables. Après s'être fait casser la gueule par des dealers à San Francisco, il doit porter un dentier. Pas idéal pour jouer de la trompette. Le registre des aigus lui étant devenu inaccessible (mais il n'en abusait déjà pas vraiment), il descend encore dans les graves, jouant en moyenne une demi-octave plus bas que la moyenne des trompettistes. Il souffle du bout des lèvres, avec ce son rond et doux qui reste sa signature. Pour la première fois de sa vie, Chet bosse son instrument. Puis il repart à l'attaque en Europe où, à partir de 1974, il commence à produire sa meilleure musique : c'était son avis, et il est largement partagé.
Gueule de spectre. L'ange a désormais une gueule de spectre, sa voix féminine d'hier s'est beaucoup voilée, sa consommation hebdomadaire d'héroïne suffirait à décimer un troupeau. Mais jamais son jeu et son chant n'ont été empreints d'autant de sensibilité. «Pour moi, improviser c'est comme raconter une histoire à un enfant, confia Chet un jour. Tu ne peux pas balancer tout un tas de mots qu'il ne comprendrait pas. Il faut commencer par une phrase toute simple, puis la développer».
En Europe, Chet Baker garde autour de lui quelques fidèles (Jacques Pelzer, Micheline et Michel Graillier, entre autres), qui l'aident à traverser les heures les plus sombres. Il laisse dans son sillage pas mal de cadavres, morts par overdose. «Le seul moyen d'avoir une vraie relation avec lui, c'était à travers la drogue», témoigne Ruth Young, une de ses maîtresses. Baker avance plein pot vers son ultime plongeon. On va à ses concerts avec une curiosité morbide. «Les gens venaient comme au cirque, lorsqu'on attend que le trapéziste tombe. Ils pensaient toujours que ce serait son dernier concert», se souvient la patronne du New Morning, Eglal Farhi. Tout comme naguère on allait écouter Judy Garland, saturée d'alcool et de pilules, en guettant le moment où elle s'effondrerait.
A 58 ans, au pied du Prins Hendrik Hotel, Chet Baker redevient un ange, après une «longue nuit» dont James Gavin ne nous aura épargné aucun détail.
|
 |
 |
| |
|
| |
par ericjeanloicbreton le 2003-01-04 12:09:59
Permalien | |
Samedi 4 janvier 2003
par ericjeanloicbreton le 2003-01-04 12:07:12
Permalien | |
|
|
|