SOCIETE(fin des deux premières parties)

par ERIC JL BRETON

Publié le mercredi 8 janvier 2003

Mercredi 8 janvier 2003
Les féministes polonaises réclament la libéralisation de la loi anti-avortement

VARSOVIE, 7 jan (AFP) - Les organisations féministes polonaises ont réclamé mardi la libéralisation de la loi anti-avortement au cours d'une conférence organisée pour le dixième anniversaire de l'interdiction de l'interruption volontaire de grossesse en Pologne.

"Cette loi honteuse a uniquement des effets négatifs", a déclaré Izabela Jaruga-Nowacka, ministre chargée des questions de l'égalité des sexes.

Selon les féministes, entre 80.000 et 200.000 avortements sont pratiqués illégalement chaque année en Pologne, le prix moyen d'une telle intervention s'élevant à environ 2.000 zlotys (500 euros).

"Les Polonaises, qui ont décidé d'interrompre leur grossesse, ont été contraintes à faire appel à un 'marché noir' de l'avortement, extrêmement onéreux et qui reste en dehors de tout contrôle médical", a déclaré Wanda Nowicka, présidente de la Fédération pour les femmes et le planning familial.

"Cette loi non démocratique a renforcé le sentiment que les questions des femmes relevaient du monopole de l'Eglise catholique", a pour sa part déclaré Agnieszka Graff, auteur du livre 'Le monde sans femmes' sur la condition féminine dans ce pays.

Le parti post-communiste de gauche SLD, qui s'était engagé au cours de sa campagne électorale aux législatives 2001 à libéraliser la loi sur l'avortement, ne compte pas la modifier avant le référundum national sur l'adhésion de la Pologne à l'UE pour ne pas perdre le soutien de l'Eglise catholique (90% des Polonais sont catholiques).

La législation sur l'interruption volontaire de grossesse est à côté de celle de l'Irlande la plus stricte en Europe.

La loi polonaise n'autorise une telle intervention jusqu'à la 12ème semaine de grossesse qu'en cas de viol ou d'inceste, de danger pour la santé de la mère ou de malformation irréversible du foetus.

Un avortement illégal est passible de deux ans de prison pour la personne qui le pratique, mais la femme elle-même n'est pas pénalisée.


Mercredi 8 janvier 2003
INTERNET

Dispense de peine requise
pour Yahoo ! et Timothy Koogle

 
Tim Koogle à Davos en janvier 2000
 

Le substitut du procureur de la République du tribunal correctionnel de Paris a requis mardi la condamnation de la société américaine Yahoo Inc. et de son ancien président, Timothy Koogle, 51 ans, poursuivis pour «apologie de crimes contre l'humanité» par deux associations de défense des Droits de l'Homme.
David Peyron a cependant demandé à ce que les deux prévenus soient dispensés de peine puisque la situation contestée, à savoir la vente aux enchères d'objets nazis sur le site Yahoo.com, «est totalement régularisée».
Yahoo Inc. avait en effet annoncé en janvier 2001 que la vente d'objets nazis sur son site d'enchères sur Internet était désormais terminée. Toutefois, la société continuerait d'autoriser le négoce de pièces de monnaies, de timbres-poste ou de billets de banque du IIIe Reich.

Pas de "volonté première"

Pour David Peyron «mettre aux enchères les objets nazis» pour tenter «de leur donner la plus grande valeur possible» est bien constitutif du délit «d'apologie de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre». Mais, a-t-il souligné, «il n'a certainement jamais été la volonté première de Yahoo de faire l'apologie» de tels crimes.
«Nous voulons que la loi française puisse s'appliquer», a déclaré pour sa part Me Pierre Mairat, avocat de «l'Amicale des déportés d'Auschwitz et des camps de Haute-Silésie» à l'origine des poursuites.
Comme le MRAP, deuxième partie civile, cette association estime que Yahoo Inc. et son fondateur n'ont pas pris dans l'immédiat toutes les mesures nécessaires pour rendre la vente aux enchères inaccessible aux internautes français, comme le leur avait ordonné une ordonnance du juge des référés du 22 mai 2000.
«Notre conception de la liberté d'expression n'est pas celle d'une liberté échevelée, mais d'une liberté maîtrisée avec des bornes», a insisté Me Mairat, ironisant sur le conception américaine de la «lex americana uber alles». Il demande un euro de dommages et intérêts et la publication de la condamnation dans la presse et sur Internet, en français et en anglais.
Le jugement sera mis en délibéré. AP